
Chaque hiver, la même observation revient : les pompes à chaleur qui puisent dans l’air extérieur travaillent plus dur quand la température chute, au moment précis où la maison réclame le plus de chaleur. Une pompe à chaleur géothermique y est beaucoup moins exposée, parce qu’elle ne prend pas sa chaleur dans l’air.
La raison tient en une phrase : par grand froid comme en demi-saison, la température sous vos pieds ne suit pas celle du thermomètre. Voici ce que cela change concrètement pendant la saison de chauffe, et comment lire les performances annoncées sur un devis.
À quelques mètres de profondeur, le sous-sol est protégé des variations saisonnières. En plaine de basse altitude, sa température est stable, autour de 12 °C, été comme hiver. Les nappes superficielles se situent dans le même ordre de grandeur, avec une progression d’environ 3 °C tous les 10 mètres lorsqu’on descend plus bas.
Autrement dit : quand il fait −5 °C dehors un matin de janvier, votre capteur puise dans un milieu dont la température a très peu varié. L’écart que la machine doit franchir reste du même ordre d’un bout à l’autre de la saison de chauffe, au lieu de se creuser avec le thermomètre.
Une précision utile : la température du sol n’est pas parfaitement figée. Un capteur sollicité pendant toute une saison de chauffe refroidit légèrement le terrain qui l’entoure, et un capteur horizontal, peu profond, suit en partie les saisons. L’ordre de grandeur reste toutefois sans commune mesure avec les variations de l’air extérieur — c’est bien là que se joue la différence.
C’est le principe même de la géothermie très basse énergie : on n’exploite pas la chaleur du centre de la Terre, mais l’inertie thermique des premiers mètres du sol, qui lissent les écarts de l’air sur l’année entière.
Une pompe à chaleur ne fabrique pas de chaleur : elle la déplace, d’un point froid vers un point chaud. Plus l’écart entre les deux est grand, plus ce transport coûte d’électricité. C’est une contrainte physique, valable pour toutes les technologies.
Sur une machine air/eau, cet écart se creuse exactement au mauvais moment. À 7 °C dehors, elle doit franchir une trentaine de degrés pour alimenter un plancher chauffant. À −7 °C, l’écart approche la cinquantaine. Deux effets s’ajoutent :
Ces contraintes ne disqualifient pas l’aérothermie. Correctement dimensionnée et posée, une pompe à chaleur air/eau répond à de nombreuses configurations, et les machines récentes ont sensiblement progressé sur le fonctionnement par températures basses. Elles décrivent un comportement saisonnier différent, et c’est à ce titre qu’elles méritent d’être connues au moment de comparer deux devis.
C’est l’erreur la plus fréquente à la lecture d’un devis. Un COP ou un SCOP n’existe qu’attaché à des conditions d’essai précises : la température de la source, et surtout la température de l’eau envoyée dans le circuit de chauffage.
Cette seconde valeur dépend de vos émetteurs :
Entre les deux, l’écart de performance est considérable — sur nos propres machines, de l’ordre d’un point de SCOP. Un chiffre annoncé sans préciser son régime n’est donc pas comparable à un autre. Demandez toujours les deux valeurs.
Les 27 modèles géothermiques de la gamme 2026 au R454C sont inscrits sur la liste d’agrément « Bonus PAC » tenue par l’ADEME. Chaque fiche est publique et porte les performances certifiées NF PAC, mesurées aux deux régimes.
| Gamme | Puissances | SCOP à 35 °C | ETAS à 35 °C | SCOP à 55 °C | ETAS à 55 °C |
|---|---|---|---|---|---|
| OPTIPACK 4 eau glycolée / eau | 3 à 10 kW | 3,90 à 4,37 | 156 à 175 % | 2,92 à 3,30 | 117 à 132 % |
| SMARTPACK 4 eau glycolée / eau | 3 à 18 kW | 3,89 à 4,37 | 156 à 175 % | 2,91 à 3,30 | 116 à 132 % |
| OPTIPACK DUO 4 eau glycolée / eau | 3 à 13 kW | 3,90 à 4,37 | 156 à 175 % | 2,92 à 3,30 | 117 à 132 % |
Valeurs des fiches ADEME, liste mise à jour le 14 septembre 2026
Note de lecture : les fiches ADEME publient un SCOP à 55 °C de 3,70 pour les trois références 5 kW triphasées. Cette valeur est incohérente avec l’ETAS de 122 % publié sur les mêmes fiches, qui correspond plutôt à un SCOP voisin de 3,05 ; nous l’avons donc écartée de ce tableau le temps de la faire vérifier.
Ces performances ne sont pas des valeurs de catalogue : elles proviennent des fiches officielles, modèle par modèle, avec le numéro d’agrément et la référence EPREL correspondants. Le détail des 27 modèles figure dans notre article sur l’agrément Bonus PAC.
Les trois modes de captage n’ont pas le même comportement en hiver, et c’est utile à comprendre avant de choisir.
Le choix entre ces trois solutions dépend du terrain, du sous-sol, de la surface disponible et des besoins de la maison. Ce choix et le dimensionnement relèvent de votre installateur, qui engage sa responsabilité sur l’étude. Nous fabriquons les machines ; nous ne réalisons pas les études de projet.
La plupart des installations comportent une résistance électrique d’appoint. Son rôle normal est d’être un filet de sécurité : les jours les plus froids de l’année, la relance après une absence prolongée, un besoin ponctuel d’eau chaude sanitaire.
Sur une installation géothermique correctement dimensionnée, cet appoint n’intervient normalement que ponctuellement. S’il se déclenche souvent — et cela se voit sur la consommation électrique autant que sur le comportement de la régulation — c’est un signal, pas une fatalité. Circuit de captage, réglages de la loi d’eau, état de l’installation : plusieurs causes sont possibles, et elles se diagnostiquent.
Dans ce cas, appelez votre installateur. Il n’y a rien à manipuler soi-même sur un circuit frigorifique ou sur un circuit de captage sous pression.
Le circuit de captage est rempli d’eau glycolée, un mélange antigel précisément prévu pour cela. Le gel du capteur n’est pas un mode de défaillance courant. En revanche, la pression et la concentration du mélange font partie des points contrôlés lors d’un entretien — voir les vérifications à faire avant l’hiver.
Oui. La consommation suit le besoin de la maison, qui dépend de l’écart entre l’intérieur et l’extérieur. Ce qui reste stable sur une géothermie, c’est le rendement de la machine, pas la quantité de chaleur à produire. Une hausse de consommation en plein hiver est attendue ; une hausse inexpliquée par rapport aux hivers précédents mérite un contrôle.
Non. Le capteur horizontal ne demande pas de forage, mais de la surface de terrain. Le forage concerne les sondes verticales, choisies quand la surface manque ou que le sous-sol s’y prête mieux. C’est l’étude de votre installateur qui tranche.
Sur les remplacements que nous voyons, le capteur existant est fréquemment conservé, de même que le plancher chauffant. C’est ce qui rend ces opérations sensiblement plus simples qu’une installation neuve. L’installateur vérifie l’état et les caractéristiques du capteur avant de s’engager.
Sur les fiches publiques de l’ADEME, modèle par modèle, et sur la base européenne EPREL. Les deux références figurent sur chacune de nos fiches produits.
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